André Laurin raconte la CSN

André Laurin a eu deux passions dans sa vie. La musique et la CSN. La maladie lui ayant enlevé toutes possibilités de poursuivre sa carrière d’hautboïste, il s’est dévoué corps et âme pour ses semblables. La CSN lui a permis d’aller au bout de ses rêves. Il est donc normal qu’il se soit totalement identifié à cette organisation et qu’il l’ait défendue contre vents et marées jusqu’à la fin de sa vie.

D’ailleurs, lorsqu’il a reçu son Doctorat Honoris Causa des mains de M. Brière, recteur de l’Université Laval, il a tenu à en faire l’historique pour expliquer aux jeunes l’héritage légué au peuple québécois par la CSN.

Productions Ferrisson croit important de partager avec vous le message qu’il a livré le 7 juin 2014 lors de la collation des grades à l’Université Laval.

Dès la fondation de la CSN, à Hull, en 1920, dès nos premières conventions collectives, nous accordions une importance considérable à ce que nous appelions les clauses normatives.

En un mot, cela veut dire bâtir pour nos membres un début de sécurité sociale, laquelle était inexistante à cette époque.

Ainsi, prise à son sens le plus pur, on peut affirmer que la sécurité sociale, par définition, c’est aussi de la « consommation du mieux être ».

Par exemple, la santé, étant une priorité de la première heure, avec l’aide de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) et de la Centrale de l’enseignement du Québec (CEQ), nous avons collaboré avec la mutuelle SSQ (Services de santé du Québec) afin que cette dernière nous prépare des plans de protection des plus avant-gardistes possible dans ce domaine précis qu’est la santé.

Dans l’esprit de notre président, l’honorable Jean Marchand, tout ce que la CSN créait, le but ultime était celui-ci : « Un jour, par voie de législation, il faudra que tous les citoyens puissent jouir de ces mêmes avantages dont bénéficient nos membres.» Jean Marchand à Ottawa a donc rapidement apporté au feuilleton de la législature fédérale la loi nationale sur l’assurance-santé dont toute la population du Québec profite aujourd’hui.

La santé, c’est de la consommation à son sens le plus pur.

En 1962, Jean Marchand réalisait jusqu’à quel point les gains monétaires que nous obtenions au niveau de nos nouvelles conventions collectives étaient non seulement grugés par la société du crédit usuraire (taux illégaux généralisés) mais que, dans les faits, le travailleur subissait un véritable recul de son niveau de vie.

J’ai donc été mandaté le 22 février 1962 d’entreprendre une vaste recherche dans le domaine de la consommation, laquelle devait déboucher sur un plan de redressement le plus global possible devant toucher tous les aspects de la protection et de la vie des consommateurs.

Ordre m’a été donné par Marchand et son exécutif que le service de la protection du consommateur devrait être accessible à toute la population et non restreint à nos membres syndiqués. De plus, tout ce que nous créerons, la CSN ne gardera rien. Tout devra être remis à la population en y mettant tous les efforts pour que, par une loi, la nation entière puisse jouir de ces bienfaits que nous aurons bâtis à l’intérieur de notre service « Protection du consommateur ». Le départ a été fulgurant.

Dès juillet 1962, une importante première victoire juridique contre la «Beneficial Finance», suivie de plus de deux cent (200) autres victoires, fit en sorte qu’une jurisprudence indestructible a été établie dans le domaine du crédit à la consommation.

En novembre 1962, diffusion d’une émission régulière à la télévision d’une demi-heure par semaine qui informait les consommateurs sur les guet-apens du crédit;

Au printemps 1963, ouverture, dans tous nos conseils centraux, de bureaux du « budget familial » avec une équipe entièrement bénévole et hautement formée. Ces bureaux étaient ouverts à toute la population; Il y eut également une série d’émissions à Radio-Canada à la fois au niveau télévisuel et radiophonique.

De découvertes en découvertes, et avec l’appui massif des médias, voici quelques résultats :

En 1965, fondation des associations coopératives d’économie familiale (ACEF), au nombre d’une vingtaine aujourd’hui au Québec;

Forte pression pour donner aux québécois la Loi sur la protection du consommateur à l’origine de la loi actuelle, une des plus avancée au monde;

L’aide juridique qui améliore l’accès à la justice pour les moins nantis, a été créée de toute pièce par nous en 1964, et est devenue une loi en décembre 1972;

Notre plan exceptionnel d’assurance automobile lequel a fortement inspiré madame Lise Payette pour légiférer ce bijou qu’est devenue aujourd’hui la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ).

Ce ne sont là que quelques exemples de ce que le service à la consommation de la CSN a donné au peuple québécois. Maintenant, comment expliquer une telle réussite en matière de consommation, et cela en un laps de temps si court?

La réponse est simple :

La CSN a toujours été un leader en esprit d’entreprise pris dans son sens le plus large, se donnant comme mission d’être un agent de changement pour une société où la justice et la redistribution de la richesse ne cesseront jamais de s’améliorer, tout en insistant sur l’abolition de l’exploitation de l’homme par l’homme.

André Laurin raconte la CSN

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